Retour d'expérience

Visiter des familles pour la célébration des obsèques est une vraie richesse qui nous donne bien plus que ce que nous donnons

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La préparation aux funérailles nous amène parfois à visiter la famille du défunt dans son lieu de vie......

 

La préparation aux funérailles nous amène parfois à visiter la famille du défunt dans son lieu de vie, afin de préparer la célébration des obsèques. Ce fut le cas tout récemment dans une rue du quartier de Mestras, rue tranquille, bien pimpante où habitent certains paroissiens habitués aux Messes dominicales mais aussi en semaine.

 

Nous frappons à une porte donnant directement sur la rue, on nous dit d'entrer dans une pièce qui ressemble à une cuisine.  Sur la table, une toile cirée gluante, des verres sales, un buffet chargé de papiers et autres vestiges, une odeur indéfinissable.

Dans le coin un petit évier blanc, sans paillasse au-dessus duquel sont suspendus des gants à toilette, une bassine en plastique jaune à l'origine, aujourd'hui grise, marron. Ce qui me laisse à penser qu'il n'y a pas de salle de bains.

 

Les 2 pièces  sont presque chauffées (il fait froid) par une cuisinière à bois. Les chaises sont bancales, nous avons du mal à nous  asseoir. Mais, le fils célibataire de cette personne âgée, handicapée qui vient de décéder nous reçoit avec une certaine envie de parler.

Depuis plus de 8 ans, il s'occupe de sa maman, tout seul, la transportant du lit au fauteuil roulant, du fauteuil roulant au fauteuil à "pipi". Et il va au fond du jardin vider le pot dans ce que nous appelons en patois de chez nous "le cagaduy".

Ça existe encore ?

Dans notre Gujan-Mestras, ville bien tenue ? Qui pourrait soupçonner cela ? Une telle pauvreté...une telle misère....

 

Il se peut que ce Monsieur sympathique et beau-parleur, malgré son langage émaillé de grossièretés, mais qu'importe, il est naturel et vrai, il se peut qu'il n'est pas entendu parler d'aide sociale et médicale. Comment aurait-il pu ? A qui parle-t-il ?

Et les voisins bien-pensants et bien nantis, s'en sont-ils souciés ? Ont-ils fait des visites à sa mère?

Comment a vécu cette femme ? Comment passait-elle ses journées. Elle n’avait pas perdu la mémoire.

Sa chambre est tapissée d'icônes, de Croix, d'images de la Vierge. La seule richesse de cette masure.

 

Nous avons célébré ses obsèques sans fleurs ni couronnes, quelques très rares étaient là, nous avons choisi les Textes de la Bible et les musiques, car lui, le fils ne pouvait s'occuper de rien.

 

Ce qui m'étonne, c'est l'indifférence des autres. Ce qui m'étonne dans cette pauvreté, dans cette misère, c'est l'amour d'un fils pour sa mère, jusqu'au bout.

 

Visiter des familles pour la célébration des obsèques est une vraie richesse qui nous donne bien plus que ce que nous donnons. 

 

C'est une page d'Evangile et si ce fils n'a pas mis les pieds dans l'église depuis sa Communion solennelle nous a-t-il dit je lui ai répondu "Monsieur, vous avez gagné votre Paradis"

 

                                Jeanine

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